Si j’étais un homme, je soutiendrais la cause des femmes car ma mère est une femme, ma sœur est une femme, ma fille sera une femme et, cerise sur le gâteau, ma femme est une femme ! Je résume : elles forment le premier cercle de tous les êtres humains qui me veulent du bien.

Si j’étais un homme, je dédierais ma vie aux femmes, à leur talent, à leur intelligence humble, à leur mansuétude, à leur grandeur d’âme, à leur humanisme, à leur féminité, à leur féminisme, à leurs justes colères et au sel qu’elles mettent dans nos vies.

Si j’étais un élu politique, je dédierais mon mandat aux femmes car ce sont elles qui m’ont élu car elles sont une très bonne clientèle électorale.

Si j’étais un homme, je serais le rempart des femmes et j’empêcherais par exemple, que l’on brûle des veilles femmes taxées de sorcières, juste parce qu’elles sont déformées par la vieillesse et la maladie et qu’elles n’ont plus de force pour se défendre.

Si j’étais un homme je demanderais à l’homme qui bât, viole ou tue une femme de venir vers moi pour voir si c’est aussi facile.

Si j’étais un homme, je m’occuperais sans ciller de ma femme et de mes enfants car ils sont le socle sans lequel ma vie n’aurait pas de sens.

Si j’étais un artiste, je passerais ma vie à dessiner, peindre, sculpter, chanter les femmes car elles me portent, elles m’inspirent, elles sont mes muses éternelles, elles sont au début et à la fin de mes créations. Les voir si belles, si fortes et si fragiles en même temps me donne la joie et la lumière dont j’ai besoin pour vivre et créer.

Et pardessus tout, si j’étais un homme, j’en aurais assez d’entendre chaque année, à la même époque, que le monde a besoin des deux sexes, à un même niveau de considération, pour avancer. Il se trouve que je suis une femme, heureuse de l’être et même si je m’en porte bien, je pense comme beaucoup que la lutte pour l’égalité des sexes se ferait beaucoup mieux avec l’entière implication des hommes.

Pour moi, la Journée de la Femme est en réalité une Journée pour que les hommes prennent conscience de leur part dans le combat pour l’avènement de la parité dans toutes les strates de la société. J’ai envie de dire “Et s’ils s’en mêlaient…beaucoup de choses changeraient pour les femmes” ; mais ce jour-là que remarque-t-on le plus ? Ce jour-là ils rivalisent de jolis mots sur les femmes nos sœurs, nos partenaires, nos chéries… Ils regardent les femmes défiler ou célébrer le 08 mars, dans la plus grande hilarité, en se disant “demain elles vont se calmer !” Et ce n’est pas tellement ce dont elles ont le plus besoin. Certes les témoignages d’affection cela fait chaud au cœur, mais elles veulent des preuves que derrière ces mots il y a une ferme volonté de changer de comportement à leur endroit. Engagez-vous par exemple pour amplifier et démultiplier le message de la campagne d’implication des hommes pour l’égalité, “HeforShe”. Il s’agit d’une campagne de solidarité pour l’égalité des sexes lancée par ONU Femmes et dont l’objectif est de faire participer les hommes et les garçons dans le combat pour l’égalité des genres et les droits des femmes. Des centaines de milliers d’hommes de tous horizons, se sont engagés à lancer des actions majeures en faveur de l’égalité des sexes. Ce mouvement mondial vise à faire évoluer les comportements, les normes et les perceptions qui contribuent à notre vision culturelle du genre. Selon ONUFemmes/RDC, au lancement de la campagne dans le pays, 50 personnes étaient inscrites, elles sont passées à plus de 3 400 adhérents en août 2016, pour atteindre aujourd’hui le nombre de 43 331, faisant de la RDC le deuxième pays en Afrique et le cinquième à l’échelle mondiale. Prochain objectif : tous les hommes et les garçons de ce pays ! Les femmes ont besoin du soutien des hommes pour avancer. De la même manière que les hommes, s’appuient déjà sur les femmes pour leur propre bien-être et leur tranquillité pour avancer. Sans sa compréhension en tant que époux, la femme ne pourrait s’épanouir professionnellement ou tout simplement en tant que femme ; sans le soutien d’un père responsable et impliqué, la jeune fille finirait excisée, violentée et/ou mariée de force ; sans l’appui d’un frère, d’un cousin, d’un oncle, elle ne pourrait pas continuer ses études et aspirer à une condition de vie décente et enfin ; sans l’engagement d’un élu, la parité serait toujours un rêve impossible à atteindre à moyen terme. Des comportements qui changent à l’endroit des femmes, des lois qui sont votées pour leur donner une plus grande place dans la société, des engagements fermes pris pour une plus grande autonomisation et des mesures édictées qui leur permettent de se sentir à leur place dans leur lieu de travail, considérées de la même manière que leurs collègues, c’est de cela dont elles ont le plus besoin.

Parce que les femmes qui travaillent gagnent, en moyenne, 18% moins que les hommes et touchent 26% de moins qu’eux à la retraite ; parce que 80% de femmes travailleuses ne bénéficient d’aucun temps libre ; parce qu’une fois le commerce, le bureau fermé, elles repartent au travail dans la maison ; parce qu’il y a une oppression domestique et sociale qui use à long terme les meilleures bonnes volontés ; parce que l’enchaînement aux tâches domestiques qui pèsent essentiellement sur elles, les étouffe, et les abrutisse ; parce que 75% des personnes assistant un parent dépendant sont des femmes ; il est plus que temps pour les hommes de poser un regard juste sur la problématique genre.

Sont-ils prêts à s’y mettre sincèrement et définitivement ? Certains, de par leur position (autorités politiques, législateurs, organisations internationales, ONG) font leur cette lutte pour l’avènement d’une société plus juste à l’endroit des femmes, les autres attendent alors que le temps de l’implication est arrivé. Chers frères, je vous y invite et vous verrez, le monde ne s’en portera que mieux !.

@Par Aïssatou Laba Touré/MONUSCO

  Echos de la MONUSCO  | Mars 2017 | N°67