Le monde entier compte à ce jour, plus d’un milliard de filles au nombre desquelles sont comptées nos petites et grandes sœurs, cousines et nièces qui malheureusement ne se voient pas bénéficier des mêmes chances pour leur avenir suite à l’insécurité physique et morale et à l’incertitude socio-politique qui plane sur la République Démocratique du Congo depuis plusieurs années.
De l’espoir et engouements suscités par les derniers développements socio-politiques en RDC, une certaine inquiétude continue de s’installer dans les cœurs des populations congolaises en général, surtout celles vivant dans les zones affectées par les crises humanitaires à répétition et l’insécurité avec leurs effets collatéraux qui frappent indistinctement les plus vulnérables et qui exposent les petites et jeunes filles à toutes sortes des risques dont les plus remarquables sont l’abandon scolaire, la discrimination, les mariages si pas les grossesses précoces, la prostitution
et/ou l’exploitation sexuelle et économique.
Si sous d’autres cieux, les petites et jeunes filles bien encadrées au sein de leurs familles, leur instruction prise en charge par les structures habilitées et se sentent concernées comme actrices de leur propre épanouissement et bénéficiant d’égales chances comme leurs frères, en RDC en général et en Province du Nord-Kivu en particulier, elles sont encore et toujours très peu, celles qui peuvent prétendre faire partie de cette élite féminine, partie prenante pour impulser le changement et contribuer à la construction d’un avenir radieux, faute d’accès à l’éducation.
D’où notre cri d’alarme ALLEZ ! LES FILLES… lancée à l’occasion de la cérémonie de remise du prix du Gouvernement de la RDC à la lauréate nationale du concours de dictée « CONADI Edition 2017 », cérémonie organisée une semaine avant la commémoration de la Journée internationale de la fille, décrétée par les Nations unies depuis 2012. Ladite cérémonie a été organisée au Complexe Scolaire Mama Sophie de Himbi à Goma, dont la fille lauréate est écolière, en présence de tous ses condisciples, enseignants, dirigeants et gestionnaire promoteur comme pour dire aux invités et à tous les autres enfants que de bons exemples peuvent venir aussi de petites et jeunes filles lorsque ces dernières bénéficient des mêmes conditions, traitements et considérations, et appliquées pour contribuer, tant soit peu à leur propre épanouissement.
En recevant son prix constitué d’un ordinateur pimpant neuf, d’un kit scolaire complet et d’une somme d’un million de francs congolais des mains des délégués du Ministre national de l’EPSINC et du gestionnaire de l’établissement scolaire, la lauréate n’a pas manqué d’exprimer toute sa reconnaissance à ses parents, à ses enseignants qui l’ont encadrés depuis l’école maternelle à ce jour en recommandant aux autorités tant provinciales que nationales d’accorder une attention toute particulière à l’éducation des filles, qui constituent, au même titre que les garçons,
l’espoir de demain.
ALLEZ ! LES FILLES…Voici un exemple à suivre, à travers la conduite, l’application exemplaire et la bonne maîtrise des leçons que nous apprenons chaque jour, à travers la lecture et la culture générale, pistes et secrets de réussite dans pareille compétition, exhortait fièrement la lauréate à ses condisciples.
ALLEZ ! LES FILLES…C’est un cri de cœur des parents, soucieux de faire scolariser
indistinctement filles et garçons, un appel à la conscience collective et individuelle pour la prise en compte des besoins sexo-spécifiques de tous les enfants.
ALLEZ ! LES FILLES… C’est aussi une remise en cause des politiques discriminatoires et un plaidoyer pour le bien-être et l’autonomisation réelle des adolescentes, avant, pendant et après une crise, comme l’exprime si bien le thème international 2017 de la Journée de la fille
ALLEZ ! LES FILLES… C’est enfin et surtout un acte d’engagement de ces milliers d’élèves et écolières soucieuses de leur propre avenir, se souvenant, toujours et partout que l’éducation reste synonyme du pouvoir et la clé de liberté, par laquelle elles aussi, seront capables demain, de briser le silence, de dénoncer les injustices, de partager leurs joies et leurs aspirations les plus profondes.
On ne le dira jamais assez, des filles bien éduquées et instruites, développeront leur potentiel ; réellement autonomisées, elles feront entendre leurs voix et assureront leur protection dans toutes les situations. Elles contribueront à l’éradication de la violence à l’égard des femmes et d’autres filles, elles accompliront leurs devoirs et feront valoir leurs droits retenus parmi les 17 Objectifs du développement durable pour l’avènement des communautés pacifiques et stables à l’horizon 2030.

Erasme Delly ZAGABE