Le projet « SentinELLES » veut mobiliser les femmes (sans oublier les hommes) pour exercer une surveillance citoyenne de la régularité du processus électoral en cours afin que les élections prochaines soient libres, transparentes, apaisées et renforcent la parité et l’égalité entre femmes et hommes en RDC.

Le projet « SentinELLES » vise particulièrement à combattre les « maladies des élections » (voir c-dessous) et à promouvoir la tenue d’ élections intègres en fin décembre 2018 (et au delà). Il se déroulera jusqu’à la fin du cycle électoral en cours en RDC, y compris les élections locales.

Ce monitoring citoyen sera exercé par des observatrices (et des observateurs) accrédité.e.s par la CENI ainsi que par toutes citoyennes (et citoyens) soucieuses de veiller à ce que les élections soient démocratiques, transparentes et apaisées.

Le réseau de « SentinELLES » s’appuiera sur une méthodologie de recherche rigoureuse de l’information  recueillie  auprès des sentinELLES des élections engagé.e.s bénévolement dans l’observation citoyenne du processus électoral dans une Province pilote (le Sud-Kivu) et/ou, si possible,  dans toutes les provinces et territoires de la RDC.

Quel sera l’objet du monitoring et de la surveillance citoyenne ?

Les observateurs-trices devront exercer une observation (monitoring ou surveillance) sur les « maladies des élections », c’est-à-dire, sur des faits, des incidents, des pratiques nuisibles à l’intégrité du processus électoral :

  • les incitations à la haine et à la violence, les discours divisionnistes et manipulatoires de partis politiques et des candidats y compris à travers les médias
  • le non respect de la loi électorale et des obligations figurant dans le Code de bonne conduite des partis politiques, des regroupements politiques et des candidats aux élections 
  • les violations des droits de l’homme liées à la période pré-électorale, particulièrement la violation des libertés fondamentales, comme la liberté de réunion, d’expression, de manifestation, etc. dont les autorités politico-administratives, le secteur de sécurité (Police, FARDC, Agences de renseignements, etc.) peuvent être rendus responsables.
  • les incidents de discrimination et de violence verbale, psychologique, physique, particulièrement ceux contre les femmes candidates engagées dans le processus électoral,
  • la fraude sur les résultats le jour du scrutin et durant le processus de compilation grâce à un « comptage parallèle des résultats ».Par exemple, les observateurs-trices peuvent le jour du scrutin, photographier avec un smartphone les résultats affichés devant le bureau de dépouillement (conformément à l’article 68 de la loi électorale : « Aussitôt le dépouillement terminé, le résultat est immédiatement rendu public et affiché devant le bureau de dépouillement« ). La photo est envoyée à la plateforme de comptage et compilation parallèle des résultats, permettant ainsi de déjouer les tentatives de fraude électorale.
    • Pour en savoir plus sur ce qu’est le « comptage parallèle (et rapide) des résultats », CLIQUEZ ICI ou sur l’image ci-dessous. 

Dans le but de promouvoir une élection présidentielle crédible et apaisée en 2015, la Plateforme de la Société Civile pour l’Observation des Elections en Côte d’Ivoire (POECI), organisation non partisane, s’est engagée à mettre en oeuvre un comptage rapide des votes ou PVT pour observer l’élection du 25 octobre 2015. La POECI compte 14 OSC ou réseaux de la société civile ivoirienne dont la plupart sont spécialisés sur les questions de démocratie, de gouvernance et de droits humains. Le système de surveillance citoyenne des élections  peut être techniquement mis en œuvre par le web magazine www.deboutcongolaises.org (édité par l’Observatoire de la parité) en reposant sur une plate-forme web inspirée du logiciel  www.ushahidi.com .

Ushahidi est un logiciel gratuit et open source permettant aux citoyens de décrire et de géo-localiser sur une carte interactive les situations dont ils sont témoins via SMS, photos, vidéos, email et les réseaux sociaux. En langage technique, on appelle cela du «crowdsourcing» ou comment compiler, visualiser et donner du sens à des milliers de données et de témoignages qui émanent de la «foule» (crowd ). Ushahidi peut facilement être utilisé pour faire le monitoring des violences pré-électorales, l’observation du scrutin et aussi du processus de compilation.

Ce type de plateforme, reposant sur l’exercice actif de la « citoyenneté numérique » mise en action par des E-citoyen.ne.s a été développée en Afrique ces dernières années , par exemple au Libéria (2011), Senegal (2012), Kenya (2013),Mali (2013), Ouganda (2016), Ghana (2016) etc. Pour plus de détails sur ces diverses expériences de monitoring citoyen du processus électoral impliquant fortement les femmes, CLIQUEZ ICI . Lisez aussi l’article « The Women’s Situation Room in Africa, An Initiative for Peaceful and Inclusive Elections« , en CLIQUANT ICI  ou encore ICI pour une (mauvaise) traduction en français.

Ce système  permet le partage rapide de l’information, chaque observateur-trice pouvant communiquer  très simplement et rapidement à une « salle de gestion de crise » pour les femmes « Women’s situation Room » (WSR) ce qu’elle ou il  a constaté en utilisant son mobile ou son smartphone et en envoyant des SMS, des emails, des tweets,  des messages WhatsApp, de préférence accompagnés de photos ou vidéos (à titre de preuves) à la salle de gestion de crise.

Un tel système de surveillance citoyenne n’est crédible et efficace que s’il repose sur la participation de milliers d’observateurs-trices qui peuvent  seulement être mobilisé.e.s par des organisations de la société civile ayant un très fort ancrage dans la population, comme l’Eglise catholique, les Commissions Diocésaines Justice et Paix (CDJP), etc.

Ce système permet aussi de mettre en évidence les initiatives de pacification et les initiatives positives de promotion de la participation des femmes aux élections sous toutes ses formes (électrices, candidates, observatrices, etc).

 

Les incidents rapportés par tous ces « lanceur.e.s d’alerte »  sont localisés, cartographiés et traités par la Salle de gestion de crise qui , après vérification de leur fiabilité, va pouvoir les relayer vers les organismes habilités à les vérifier eux-mêmes et, le cas échéant ,  à prendre action pour, selon le cas,  les dénoncer, les faire cesser ou pour les sanctionner :

 

  • la CENI,
  • la PNC,
  • les parquets des tribunaux,
  • UNPOL
  • le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH),
  • les ONG locales de défense des droits humains,
  • etc. .

En offrant des données  fiables, reposant sur des preuves incontestables, et à travers le partage d’information, le programme « SentinELLES » contribuera, à travers la mobilisation des citoyen.ne.s, à des élections présidentielles, législatives nationales, provinciales et locales qui seront libres, transparentes, apaisées et qui renforceront  la parité et l’égalité entre femmes et hommes.

 

Pour toute information complémentaire, interview presse, offre de partenariat technique et/ou financier, prière de contacter :

Espérance MAWANZO, Directrice de l’Observatoire de la parité.  +243 999941197 (WhatsApp) espe.mawanzo@gmail.com

Luc HENKINBRANT, Conseiller technique principal. +243 998225588 (WhatsApp) luc.henkinbrant@gmail.com