Le média en ligne Habari RDC a lancé à partir du lundi 1er juin une campagne en ligne et hors ligne sur les masculinités positives. Sous le hashtag #VraiMobali, plusieurs plateformes publieront des articles, des vidéos, etc. dont vous trouverez  les premières parutions ci-dessous. La campagne #VraiMobali vise à combattre l’idée reçue selon laquelle il n’y a qu’une sorte de masculinité possible, celle de l’homme fort, viril, et supérieur à la femme. Ce qui a pour conséquences, entre autres, les violences et discriminations faites aux femmes. En d’autres termes, un vrai mobali traite d’égal à égal avec les autres, notamment les femmes, dans le respect mutuel. Cette campagne #VraiMobali durera deux mois avec l’accompagnement des partenaires de Habari RDC dont Si Jeunesse Savait, Afia Mama, Amour Afrique, Sofepadi, RNW, etc. et l’Observatoire de la parité et de l’égalité H/F (OPE) ainsi que de son magazine féministe en ligne deboutcongolaises.org 

 

#VraiMobali : aider sa femme ne fait pas de vous la risée du monde

 

Il était une fois trois hommes. Ils habitaient le même quartier et étaient tous mariés et pères d’enfants. Entre eux, pendant leurs moments de repos, ils discutaient beaucoup. Et le débat portait le plus souvent sur comment être un homme. Un vrai, vis-à-vis de sa femme.

Parfois les discussions devenaient tendues et houleuses, entre ces hommes. « Pourquoi » ? Vous vous demandez sûrement. Parce qu’un jour, l’un d’entre eux est allé rendre visite à son ami et l’a surpris en train de faire la lessive aux cotés de sa charmante, occupée elle à la manucure.

Le visiteur était très étonné. « Mais pourquoi ? », s’est plaint l’homme en pleine lessive. « Il s’agit de ma femme, je l’aime et je l’aide tant que je peux… », tentait-il d’expliquer à son ami. Mais celui-ci n’a pas cru ses paroles, voyant en lui, un homme dominé par sa femme.

Ce qui arriva à l’homme moqueur ? Remplissez vos bols de popcorn, taisez-vous et suivez l’histoire !

Le moqueur pris, torchon à la main, en train de travailler chez lui

Le visiteur ne s’est pas arrêté là. Il a choisi de porter l’affaire à leur troisième ami absent, pour que lui aussi se moque de celui trouvé occupé à laver les linges. Malgré ses explications tendant à prouver qu’il s’agissait plutôt d’amour envers sa femme, l’homme « à la lessive » était devenu la risée de ses amis.

Un jour, il décida d’aller chez son ami moqueur, sans le prévenir. Un certain samedi, autour de 10 heures du matin. Savez-vous ce qu’il trouva sur place ? Son ami, le moqueur, entrain de torchonner le seuil de la maison. « Mais, où serait madame ton épouse, celle qui gît sous tes chevilles ? », demanda-t-il non sans ironie.  « C’est-à-dire que je-je-je… », balbutia-t-il.

Il y eût pire que ça

12 heures. Les deux amis débarquèrent chez le troisième du trio pour lui faire part de la trouvaille. Surprise : ils trouvèrent le troisième lui aussi en train de dresser la table, pour le repas de midi.

C’est là qu’ils comprirent tous trois, qu’on pouvait être un homme, un vrai, en aidant sa femme dans l’accomplissement de certaines tâches ménagères. En réalité, il semble que ces tâches que notre société veut exclusivité des femmes, sont simplement une affaire de tous : homme ou femme.

En réalité, chaque homme devrait aider sa femme comme il peut. Chers messieurs, aider sa femme à accomplir certaines tâches ménagères, ne vous réduit en rien. C’est même une manière positive, de vivre votre masculinité !

 

#VraiMobali : ce qui se cache derrière les surnoms que les enfants donnent à leurs papas

Par Lisette NTUMBA le 

Mobutu, Rambo, Colonel, Général, Lion, Léopard…, les enfants ont plusieurs sources d’inspiration des qualificatifs qu’ils trouvent à leurs parents. Chez nous en République Démocratique du Congo, très souvent, ces pseudonymes secrets sont l’expression de l’image que les enfants ont de leurs papas.

De génération en génération, les enfants, parfois en complicité avec leurs mères sont imaginatifs en ce qui concerne les hétéronymes à l’adresse de leurs papas. La gibecière des surnoms est diversifiée et très riche. La réalité est que derrière la plupart de ces sobriquets se cachent un message : papa est mauvais, méchant, dictateur, sévère.

Tigre ou Greti

« Quand nous étions petits avec mes frères et sœurs, nous appelions  papa du nom de Tigre. Mais pour ne pas éveiller des soupçons, nous avions inversé par Greti. Et pour cause : il était très méchant envers nous : déclare Rosy.

« Néanmoins, en grandissant, nous avions compris que ce que nous appelions méchanceté à l’époque a beaucoup contribué à notre éducation. Nous sommes donc fiers de notre papa. » Poursuit-elle en souriante.

« Le lion était le qualificatif que nous avions attribué à notre père. Il était très méchant et nous grondait à tout moment. Il ne nous avait jamais parlé avec douceur même quand il  voulait nous demander service. Nous avions trop peur de lui au point qu’on quittait le salon pour la chambre quand il rentrait du service. Il mangeait seul  et avait le plus gros morceau de la viande. Il était difficile pour nous de lui parler de quoi que ce soit. Bref, il était dictateur. » Me confie Pierre.

Une famille se construit dans l’amour

Dans le souci d’éduquer leurs enfants, ou dans le souci de vouloir faire ressentir leurs chefferies, certains papa affichent une certaine attitude et pose parfois certaines actions qui frustrent les enfants.

Injurier les enfants, les gronder, les frapper quotidiennement, leur priver de la nourriture, les chasser de la maison, voilà les principaux outils d’éducation que beaucoup de pères utilisent. Leurs héritiers alors frustrés se replient sur eux-mêmes pour surnommer leurs papas sur base de leur comportement envers eux. La franche collaboration  rompue en famille,  les enfants se confient en leurs camarades de classe et amis pour avoir des réponses à certaines de leurs interrogations qui nécessiteraient un adulte.

Je suis tout à fait d’accord que les enfants doivent respect à leurs parents et ont par moment besoin d’une bonne fessée pour le recadrage. Mais une famille se construit dans l’amour,  dans le respect mutuel et surtout, dans le dialogue. A mon sens, les premiers amis ou les premiers confidents des enfants devraient en principe être leurs parents.

« Chef de famille », le papa devrait créer un climat d’entente et de complicité à la maison. Les enfants ont des oreilles, c’est pour entendre. Plutôt que d’attendre une gaffe pour les punir, je suggère des causeries régulières en famille. Causeries au travers desquelles les valeurs et la bonne éducation sont inculquées aux descendants. La punition ne pourra  suivre que pour les récalcitrants.

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