Le coronavirus gagne du terrain en Afrique et en RDC, entre autres. Les gouvernements prennent des mesures qui ne sont souvent qu’un copier/coller de celles prises en Asie ou en Europe. Il est urgent de s’interroger sur la pertinence et l’applicabilité de certaines de ces mesures dans le contexte africain. Votre magazine féministe en ligne, Debout Congolaises, a décidé de consacrer de nombreux articles et publications multimédia à cette question et de proposer des pistes de solutions adaptées à ce contexte et praticables en RDC, qu’il s’agisse de mesures de prévention de la maladie ou de moyens de la soigner. Aujourd’hui nous relayons RFI avec cette première interrogation :
 »  Coronavirus: les chercheurs questionnent la pertinence des mesures pour l’Afrique » et nous commençons à nous interroger sur la pertinence des mesures adoptées en RDC.

Coronavirus: les chercheurs questionnent la pertinence des mesures pour l’Afrique

Alors que l’épidémie gagne du terrain sur le continent, avec la multiplication de cas endogènes, se pose de plus en plus la pertinence des mesures annoncées par les gouvernements, avec des mises en quarantaines plus ou moins respectées, la suspension des vols des pays réputés comme infectés, mais pas de fermeture des frontières. Et cela inquiète les acteurs de terrain comme les chercheurs.

Le docteur Olivier Kana est médecin chez MSF, de retour dans son pays, la RDC après une mission à l’étranger, il s’inquiète du retard et de la faiblesse des mesures annoncées sur le continent. Avec son ONG Gardiens de vie, il a commencé la sensibilisation. Car en cas de propagation massive, les services de santé, eux, ne sauront pas faire face.

« En dehors des capacités techniques qui sont déjà limitées, on a pas d’oxygène pour soigner les malades. Parce que parmi les grandes complications qui arrivent concernant le coronavirus, ce sont les complications respiratoires. Et en dehors de cela, il y a des complications polyviscérales. On ne pourra pas être aujourd’hui à même de soigner ces gens-là. Les défis de santé en Afrique restent les mêmes pour tous les pays et c’est très difficile. »

Pour le docteur Kana, il est urgent de limiter tous les déplacements non nécessaires, notamment pour éviter la propagation du virus en province. Le professeur Francis Akindes est lui un sociologue ivoirien. Il s’inquiète d’autant plus que les mesures appliquées aujourd’hui en Europe ou en Asie pour limiter le nombre de morts ne pourront pas l’être en Afrique.

« Le système de santé est déficitaire, la capacité de réponse des pouvoirs publics est très incertaine, et il est encore plus difficile d’avoir la discipline des populations parce que la promiscuité, la pauvreté, la vie sociale rendent très compliquées les mesures de confinement. »

Pour le professeur Akindes, ce sont bien les couches des populations africaines les plus pauvres qui vont le plus pâtir de cette pandémie, elles qui doivent sortir tous les jours pour trouver de quoi se nourrir.

C’est notamment le cas en Afrique du Sud, où les mesures annoncées par le président Cyril Ramaphosa, vont sans doute être compliquées à mettre en place dans certaines zones du pays, pointe notre correspondant à JohannesburgClaire Bargelès.

Règles d’hygiène impossibles

Dans les quartiers les plus défavorisés par exemple, il n’est pas rare qu’une famille de 5 ou 6 personnes vive entassée dans une même pièce. L’eau courante est rare, et les toilettes sont souvent communes aux habitants des alentours. Difficile dans ces conditions d’appliquer les règles d’hygiène répétées en boucle par les autorités ou les mesures de distanciation sociale. Les experts craignent donc que ces populations soient les plus à risque.

Par ailleurs, pour protéger les plus vulnérables, plusieurs associations sud-africaines appellent le gouvernement à suspendre toute expulsion de logements.

Enfin, une des mesures consiste à imposer la fermeture à partir de 18h des bars et des restaurants qui vendent de l’alcool. Si les zones touristiques sont facilement contrôlables, dans les townships du pays, de nombreux shebeens, ces petits bars locaux, peuvent pour l’instant facilement échapper à la vigilance des policiers.

Difficile aussi d’éviter de sortir, alors que les plus hauts responsables ne donnent pas l’exemple, comme la ministre du Développement social, Lindiwe Zulu, filmée ce week-end dans la rue entrain d’expliquer qu’elle n’arrivait pas à rester chez elle. Elle s’est finalement excusée pour ces propos.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Retrouvez tous les articles, reportages, chroniques et émissions de RFI sur le coronavirus en cliquant ici.

Il faut « congoliser », « tropicaliser » la riposte au coronavirus

Dans un Appel urgent : IL EST TEMPS de nous mettre debout pour prévenir et vaincre le Coronavirus Debout Congolaises a déjà appelé d’urgence à barrer la route à cette épidémie mondiale, cette pandémie, qui risque d’emporter les êtres qui nous sont chers, qui risquent de nous emporter.

Cet appel invitait instamment nos gouvernants, à Kinshasa comme en provinces, à cesser d’être silencieux, de tâtonner, de tergiverser. « Nous attendons qu’ils déclarent la guerre au coronavirus, qu’ils décrètent l’état d’urgence sanitaire et prennent  toutes les mesures indispensables pour endiguer la propagation de cette maladie mortelle et pour que notre système de santé soit le plus à même d’accueillir et de soigner ceux et celles qui seront atteints ».  Debout Congolaises lançait aussi un appel à contextualiser la riposte : « IL EST TEMPS que nous adaptions à l’Afrique, à notre pays, les moyens de prévenir l’extension qui serait catastrophique du coronavirus. Il ne suffit pas de copier ou d’importer des mesures appliquées en Europe mais difficilement transposables en RDC ». A cet égard, les récentes mesures annoncées par les autorités congolaises sont bien évidemment nécessaires mais elles exigent un effort de mise en application colossal (dans un pays champion de l’impunité ) et surtout ces MESURES SONT TOTALEMENT INSUFFISANTES. 

L’Observatoire de la parité et de l’égalité H/F, à travers son média en ligne Debout. Congolais.es propose de mettre en oeuvre 3 mesures adaptées au contexte congolais :

1. Interdire tous les vols intérieurs pour freiner la dissémination du coronavirus.

2. Décréter un blocage des prix des denrées alimentaires de base indispensables à la population afin d’éviter le développement de la spéculation au profit scandaleux des « profiteurs du coronavirus ».

3. Imposer aux fournisseurs d’accès Internet (Vodacom, Orange, Airtel, etc.) la gratuité de l’accès à l’Internet afin de

  • faciliter les relations sociales sécurisées via WhatsApp,
  • diffuser l’information correcte sur les moyens de prévenir et de soigner le coronavirus  
  • combattre sans pitié sur le terrain où elles se développent actuellement, les fake news ou infox, fausses nouvelles, rumeurs, etc.

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